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AMR ou AGV: quand la robotique s'en mêle...

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La performance et l'innovation logistique ne se fait pas seulement sur le dernier kilomètre, le plus visible du grand public par la diversification des modes de transport est en train de se développer. C'est bien toute la chaîne logistique qui doit innover et s'adapter pour s'assurer que les flux de produits soient traités dans des conditions de plus en plus exigeantes.

 

Parmi ces solutions nouvelles, vous avez certainement entendu parler des "robots autonomes" ou "véhicules guidés", mais comment sont-ils utilisés ? Quelles sont leurs qualités et comment s'insèrent-ils dans une logistique en place, aux côtés des opérateurs logistiques ? L'AFT vous propose ainsi cette petite note de synthèse sur les nouveaux outils de la cadence en intralogistique...

      1. Contexte

A l’ère de l’expansion des activités du e-commerce, on évoque souvent le « dernier kilomètre » comme le plus décisif car le plus complexe. Mais il s’agit aussi de celui le plus exposé à la tension des flux : la pression forte des attentes clients, la gestion des retours, la maîtrise des références en stock pour éviter la rupture…

Il est donc nécessaire pour toute chaîne d’approvisionnement, au-delà de l’opération de transport réalisée sur le dernier kilomètre, de maîtriser son organisation en amont et notamment au sein de ses entrepôts ou plateformes logistiques. La compétition est rude et les produits qui ne sont pas disponibles ou livrés à temps sont rapidement remplacés. Le coût de traitement des opérations en entrepôt est mis en compétition directe avec le nombre de produits qui entrent et sortent de ce dernier. Pour les managers, il s’agit également d’un enjeu clef d’un métier de proximité où la gestion du personnel est essentielle.

Il faut augmenter les cadences tout en assurant les conditions d’exercice des collaborateurs et éviter tant le ralentissement des flux que les accidents du travail. C’est dans cet environnement toujours plus dynamique qu’interviennent les dernières innovations au service de la logistique : la robotisation et les véhicules intelligents.

 

      2. Synthèse AFT

Les « Robots Mobiles Autonomes » (AMR en anglais) ou « Véhicules à Guidage Automatique » (AGV en anglais), sont déclinés déjà sous de nombreuses formes afin de s’adapter aux besoins des opérations logistiques et apporter toujours plus de fonctionnalités. Ces robots ou véhicules sont désormais capables de réaliser un certain nombre de tâches centrées autour de la mobilité, avec un haut degré d’autonomie, pour déplacer des produits et faciliter le travail des opérateurs logistiques.

En effet, le temps de déplacement des préparateurs de commande ou des caristes est relativement important proportionnellement à la valeur unitaire d’un produit et ne représente qu’une faible valeur ajoutée lorsque réalisée par un humain. C’est de ce constat que l’automatisation des déplacements a été réfléchie par un certain nombre de startup, qui proposent ainsi des solutions efficaces de déplacement des produits dans l’entrepôt. L’objectif est d’être plus rapide, réduire les erreurs de picking, augmenter la cadence et ainsi réaliser des gains de coût importants.

Avec une cadence de circulation élevée, mais également en réduisant les incidents ou les erreurs de préparation, les gains apportés par la robotisation de la mobilité intralogistique sont déjà évidents. Mais ils sont également cumulés avec une indépendance et une capacité nouvelle de la nouvelle génération d’AMR ou AGV : l’intelligence artificielle.

En effet, les systèmes d’automatisation du déplacement des produits n’est pas nouvelle. Mais l’installation de convoyeurs mécanisés, de transstockeurs, ou autres dispositifs fixes, représente un coût non négligeable lors de la conception et mise en place. Par ailleurs, ces mêmes infrastructures prennent généralement beaucoup de place sur l’espace de circulation de l’entrepôt, et peuvent devenir une contrainte rigide en cas de forte baisse ou augmentation de l’activité, puisqu’ils dépendent de paramètres et d’axes de circulation figés.

L’avantage significatif des AMR et AGV c’est qu’ils se substituent également à une faculté des opérateurs logistiques : celle de circuler librement et adapter leur trajet en cas d’obstacle, ajustement de la préparation de commandes, augmentation ou baisse de l’activité, etc.

C’est la génération portée par l’intelligence artificielle et la détection d’objets qui permet désormais à ces nouvelles technologies de s’adapter à de nombreux types de sites et de flux produits. L’investissement est moindre et possible même en cas de petite capacité de stockage, ce qui n’est pas possible avec des dispositifs plus importants. Par ailleurs, ils préservent le travail des opérateurs logistiques et se retrouvent dans un usage de collaboration pour améliorer les conditions de travail de ces derniers.

La génération des robots portées par l'IA et la détection d'objets permet de s'adapter à de nouveaux flux et aux spécificités des sites logistiques

En revanche, il y a évidemment d’autres contraintes importantes dont il faut tenir compte. Dans un premier temps, comme pour tout dispositif technologique, il y a l’analyse des flux et une cartographie de tout le site pour mettre en place un système d’AGV ou AMR. Les étapes d’études sont essentielles tant pour établir les modifications nécessaires au site que le choix du robot ou véhicule qui pourra réaliser les opérations.

Il est à prévoir également une révision des sens de circulation et par conséquent des processus qui peuvent relier les différentes zones de l’entrepôt. Les opérateurs doivent être pleinement intégrés dans la réflexion pour accepter et accompagner les changements, afin d’éviter des tensions entre les parties prenantes mais également assurer la sécurité de tous.

Enfin, pour une performance optimale de fonctionnement, les AGV et AMR doivent pouvoir communiquer à tout moment avec les systèmes d’information du site, et nécessitent un réseau Wifi ultra-performant. Un grand nombre d’informations va transiter entre les appareils et peut nécessiter des validations. Le réseau peut ainsi être sensible aux cyber-attaques. Et tandis que ces robots augmentent considérablement la capacité de production et la cadence du site, ils nécessitent une maintenance et un entretien spécifique, sur des technologies différentes des engins de manutention traditionnels, qu’il ne faut pas négliger.

 

      3. Perspectives pour la logistique

Ces robots ou véhicules ne représentent pas une menace directe pour l’emploi puisqu’ils ont vocation à augmenter les cadences tout en limitant la pénibilité pour les opérateurs logistiques et en leur préservant toutes les tâches dites « à valeur ajoutée ». Cependant, la robotisation et l’intelligence artificielle vont être progressivement de plus en plus capable d’un certain nombre d’actions qui peut soucier cette population de collaborateurs. La dimension managériale n’en est donc, paradoxalement, que d’autant plus importante.

Pour les prestataires logistiques qui emploient ou envisagent ce type de solution, cela peut être la possibilité de compenser des difficultés de recrutement ou de fidélisation du personnel, en se focalisant uniquement sur un certain type d’activités comme la préparation de commandes, souvent trop complexe pour être remplacée par la robotique.

En termes de choix de solution et pour intégrer ces nouveaux véhicules au sein d’une organisation logistique, il est possible de procéder par étape, voire de trouver des technologies intermédiaires et moins autonomes. En effet, le filoguidage par exemple est déjà très communément employé pour des dispositifs sur rail, avec un parcours préétabli dans le sol, pour les opérations de messagerie sur plateforme logistique.

D’autres évolutions technologiques existent, qui sont présentées dans les articles ci-dessous, pour apporter des opérations complémentaires à celle de la mobilité seule en entrepôt, mais là se posent d’autres questions, tant économiques qu’éthiques, pour l’avenir des opérations. Car le licenciement de personnels peu qualifiés en période de tension sur les recrutements compliquera un éventuel retour à des besoins opérationnels humains si la solution ou les volumes d’activité venaient à être insuffisants.

 

Définitions

AMR : Autonomous Mobile Robot, ou robot mobile autonome.

AGV : Automated Guided Vehicle, ou véhicule à guidage automatique.

Picking : la préparation de commandes ou picking est l'opération qui consiste à prélever et rassembler les articles dans la quantité spécifiée par la commande avant l'expédition de celle-ci.

Intelligence artificielle (IA) : ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l'intelligence humaine (raisonnement, apprentissage…).

 

 

Sources

Informations annexes au site